La mobilisation des hommes à Aire-sur-la-Lys

Contrairement à aujourd’hui, les hommes devaient effectuer un service militaire (aboli en 1997), obligatoire, de deux ans. Mais rapidement, la situation géopolitique en Europe (tensions balkaniques) et ailleurs, va inciter l’Etat français à le prolonger à trois années grâce à la loi du 7 août 1913  (dossier relatif à la loi des Trois ans). Cette conscription a permis à l’armée française d’étendre ses réserves militaires. D’ailleurs, dans son message au Parlement, le 20 février 1913, Raymond Poincaré qui vient d’accéder à la fonction de Président de la République déclare : « Il n’est possible à un peuple d’être efficacement pacifique qu’à condition d’être toujours prêt à la guerre. » Cette pensée venant sûrement de la locution latine : “Si vis pacem, para bellum”, « si tu veux la paix, alors prépare la guerre ». La conscription est alors considérée comme le système le mieux adapté pour fournir les effectifs nécessaires à la sécurité du pays et le plus conforme au principe d’égalité républicaine.

Celui que l’on appelle « réserviste » est un homme ayant effectué son service mais qui travaille en tant que civil. Néanmoins, si la guerre éclate, il a de grandes chances d’être appelé au combat. On différencie un réserviste d’un autre avec leur classe. Un soldat classe 1897 est né en 1877. Cela signifie qu’un soldat obtient sa classe à ses 20  ans.

Durant la première Guerre Mondiale, les réservistes étaient affectés dans des villes à l’arrière. Aire-sur-la-Lys était aussi une ville de réservistes.

Les premiers réservistes arrivent à Aire-sur-la-Lys le 3 août 1914 et sont composés des bataillons du 73e infanterie et 27e artillerie et tiennent garnison en ville. Ils arrivent en chantant la Marseillaise et le Chant du départ. Mais dès le 20 novembre s’ajoutent les hommes de classes 1887 à 1914. 90% d’entre eux seront déclarés aptes au combat.

L’intégralité de la classe 1889 sera incorporé en avril 1915. Le 21 mai de la même année, le conseil de révision visite les jeunes de la future classe 1917 (il seront tous envoyés au combat) et les ajournés des classes 1913 à 1915. Les hommes appartenant à la classe 1917 doivent se soumettre à l’examen d’une commission spéciale de réforme dès le 5 mars 1916.

Le 7 août de la même année, les récupérés des classes 1913 à 1917 reconnus bons par les derniers conseils de révision sont appelés au régiment (sûrement pour combler les pertes de soldats). Le 11 novembre, un an avant avant la fin de la guerre, la Chambre vote le recensement de la classe 1918 dont les tableaux doivent être publiés trois semaines après la promulgation de la loi. Ces derniers comportent pour Aire, 58 recrues et 22 réfugiés. Il n’y a plus de nouveaux réservistes jusqu’à la fin de la guerre mais la démobilisation totale de tous ces derniers ne sera effective qu’en janvier 1919.

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