Le ravitaillement du front

Aire fut aussi une ville d’une importance stratégique.

Le triangle formé par Merville, Aire, Hazebrouck avec l’importante bifurcation de Berguette est un point stratégique qui commande les routes de Dunkerque, Calais et Boulogne. C’est pour cela que la ville d’Aire était très importante.

Le premier départ de troupes au front depuis Aire-sur-la-Lys a lieu le 5 août 1914, et ce sont les bataillons du 73ème RI et du 27ème RA. Ce RI va d’ailleurs occuper la région notamment en creusant des tranchées. Du 20 au 27 mars 1915, des navettes peu communes transitent entre Aire et les fronts. Ces dernières transportent des combattants indiens de l’Empire Britannique. Le 24 avril, des soldats partent pour le front belge à Ypres, pour la deuxième bataille. Ces soldats connaîtront l’une des premières utilisations du chlore au combat, puis, de l’ypérite. Ils seront suivis, le 22 mai, de l’artillerie anglaise. Le 5 mai, plus de 400 camions de troupes françaises passent à Aire afin de compléter le trajet Arras-La Bassée. Ce front sera renforcé par la venue de l’artillerie anglaise. Le 8, des centaines d’autobus passent dans la nuit chargés de soldats d’infanterie et de chasseurs à pied venant d’Ypres pour aller sur Arras. Le 21, des cyclistes du 4ème bataillon de chasseurs à pied, des chasseurs à cheval et des dragons défilent dans Aire, et ravissent la population. Le lendemain, des dizaines d’automobiles remplies d’officiers traversent la ville. Le 28, c’est près de 2000 Anglais qui passent par Aire pour aller à Norrent-Fontes. Le 3 juillet, 45 autobus chargés d’Indiens partent sur le front de la Bassée. Le 7, il y a tellement de troupes et de matériel à transporter que l’on n’accepte plus les marchandises. Le 9, un groupe de motocyclettes avec mitrailleuses est de passage à Aire et le 19, on raconte le passage de matériel anglais, mitrailleuses, accessoires d’aéroplanes et voitures d’ambulance. Du 23 au 24, des canons, plusieurs RI et de la cavalerie venant d’Angleterre sont expédiés en renfort suivis d’autos mitrailleuses. Pour finir, l’avant-garde de cyclistes et de cavaliers anglais est de passage dans l’après-midi et de 20h à 2h du matin, la 21ème division anglaise traverse la ville avec le matériel.

Depuis le début de la guerre, les grandes villes derrière les lignes de front telles que Lille et d’autres possédant des gares voient arriver sans discontinuer des trains de ravitaillement pour alimenter les différents fronts. Les marchandises sont ensuite acheminées par des fourgons en première ligne. Les trains blindés étaient, pendant le conflit, la principale source de ravitaillement pour les villes à l’arrière du front. En effet, ces ravitaillements apportent aux soldats des munitions en grande quantité, des nouvelles armes pour améliorer les capacités des soldats au front telle que la mitrailleuse vickers (qui peut tirer au maximum 500 coups à la minute pour un poids de 23 kg, mitrailleuse à refroidissement à eau) qui armait également les biplans du Royal Flying Corps et qui était la mitrailleuse standard dans toutes les armées du conflit. On peut également y trouver des matériaux pour la construction de Bunker souterrain “Stollen”.

Ils permirent aussi l’arrivée des nouveaux uniformes français plus discrets et adaptés à la vie des tranchées et leurs nouveaux équipements tels que le mortier de tranchée comparable à des lance-grenades de nos jours ou encore le terrible canon de 75mm français.

Afin de permettre des réapprovisionnements permanents, il faut assurer la sécurité des gares et des dépôts en empêchant les agents saboteurs ennemis, c’est pourquoi les britanniques dans les villes de l’arrière ont mis en place des patrouilles d’auto-mitrailleuses pour protéger les dépôts et les gares, les vicker’s armored cars. Il est aussi mis en place des défenses anti-aériennes pour protéger les villes, les dépôts et les gares d’éventuels raids aériens allemands.

Certaines garnisons sont remplacées pour construire des étables pour les chevaux malades et ainsi pouvoir les renvoyer rapidement au front pour tracter les canons et les chariots. Durant cette guerre, l’espèce qui a payé le plus lourd tribut est le cheval car il a été perpétuellement présent sur les fronts et à l’arrière pour apporter les ravitaillements ou même faire déplacer l’artillerie. Il servait même pour les patrouilles de reconnaissance des dragons français mais avec la stabilisation des fronts en début de guerre, ils ont fini par redevenir des bêtes de trait. Dans les dernières années de la guerre, le front redevint mobile, ils reprirent alors leur rôle de cavalerie de reconnaissance.

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