Les monuments aux morts d’Aire-sur-la-Lys

On note la présence de deux monuments aux morts à Aire-sur-la-Lys, le premier a été construit au début du XXème siècle pour commémorer le conflit franco-prussien de 1870-1871. Il se trouve sur la place Jehan d’Aire.

JehandAire
La statue réalisée en 1902 par Georges Engrand, un Airois d’origine, représente  » une femme du peuple tenant d’une main le drapeau national et de l’autre, une épée dans une attitude de fierté et d’audace « .http://monumentsmorts.univ-lille3.fr/monument/2817/aire-sur-la-lys-place/

Le second monument aux morts d’Aire-sur-La-Lys se situe sur la Place du souvenir français. Il a été inauguré le 9 juillet 1922 pour commémorer le conflit de la première guerre mondiale. Aujourd’hui, il commémore également les conflits de la seconde guerre mondiale, de la guerre d’Algérie, d’Indochine et du Tchad. 

Soldat mourant recevant le baiser de la paix

Dans son édition du 10 juillet 1922, le journal le Télégramme du Pas-de-Calais et de la Somme, remplacé par l’édition Arras-Béthune le 1er décembre 1923, relève le caractère original du monument : « Ce monument est d’un genre spécial, et le sujet qui le surmonte, taillé dans le marbre blanc, « un ange qui reçoit le dernier soupir d’un soldat blessé », est d’une finesse remarquable et d’une vivante expression« . En effet, le monument aux morts d’Aire-sur-la-Lys est une véritable oeuvre d’art. La plupart des communes après la guerre ont souvent décidé, faute de moyens, d’ériger un monument standard choisi sur catalogue sur lesquels on retrouve souvent les mêmes symboles : le soldat, le coq, la colombe, la devise…

Voici l’épitaphe du monument aux morts:

1914-1918
La ville d’Aire-sur-la-Lys à ses enfants morts pour la France

Gloire, Honneur, Patrie

Le monument d’Aire mesure 5.34 mètres de hauteur. La base du monument est en granit belge dont trois faces sont occupés par les noms des 250 victimes de la Grande Guerre (lors de l’inauguration du monument), sur la quatrième face sont gravées les armes de la ville avec sa croix de guerre. Il est surplombé d’une statue d’ange de granit et de marbre blanc qui représente un soldat mourant recevant un baiser d’une femme, allégorie de la Patrie. Ernest Rabischong, un Airois, en est le sculpteur. Le monument a coûté près de 60 750 francs, 45.000 francs pour le monument, auxquels s’ajoutent les frais de fondation et d’aménagement pour 15.750 francs, financés en partie par une souscription publique organisée par la commune qui reçut 27 000 francs. Les anciens combattants, constitués en association, ont également souvent contribué au financement des monuments aux morts.

 

Pour être inscrit sur le monument aux morts, il fallait mourir au cours du combat devant témoin si possible. Cela provoqua de nombreuses frustrations pour les familles dont les enfants morts à la guerre ne remplissaient pas ces conditions. De plus, la question se posa aussi concernant les soldats morts du fait de la guerre après l’armistice.
C’est ainsi qu’à Aire, le dernier inscrit de la liste, M Gilbert Delahaye, soldat de Grand Neufpré, fut muté à Salonique et attrapa le paludisme dans les marais des Dardanelles.
Rapatrié sanitaire, il mourut en janvier 1919, à l’hôpital militaire de Villeurbanne et put figurer sur le monument après débat.

Le monument aux morts sert ainsi, non pas à fêter la victoire, mais à honorer les morts. Les Français ont été sensibles à cette mortalité de masse. Nombreux sont ceux qui n’ont pas retrouvé la dépouille de leurs proches. Ces monuments doivent permettre aux civils de se souvenir de cette guerre pour que ce soit la “Der des Ders”, la dernière des dernières.

La cérémonie de commémoration a toujours lieu aux monuments aux morts et doit être préparée par le maire, le préfet, la délégation militaire départementale et par des associations d’anciens combattants.

Monument aux morts sur la Place du Souvenir Français à Aire-sur-la-Lys

La cérémonie a lieu le matin du 11 novembre. Elle se passe au monument aux morts de la commune. Elle commence par le dépôt de gerbe devant le monument aux morts. Ensuite vient la sonnerie des morts où le maître de cérémonie fait l’appel des morts. A la fin de la sonnerie à lieu une minute de silence et, ensuite l’hymne national du monument aux morts. Les monuments aux morts étaient placés en fonction de la politique de la commune.

 

 

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