L’ « occupation britannique » dans la région

Très vite, les Britanniques vont arriver en masse et prendre leurs quartiers dans la région. Aire-sur-la-Lys passe sous contrôle britannique dès le 23 décembre 1914.

Cette implantation s’effectue de façon très particulière. Nous allons traiter ce thème en trois parties:

  • L’installation des Britanniques à Aire-sur-la-Lys et dans la région page 1
  • l’armée britannique page 2
  • les relations entre les Airois et les Anglais page 3

L’ installation des Britanniques à Aire-sur-la-Lys et dans la région

Le Royaume-Uni a une longue tradition militaire terrestre comme navale. Sa participation dans la Grande Guerre fut cruciale pour les Alliés. Le Royaume-Uni entre en guerre le 4 août contre l’Allemagne et le 13 août contre l’Autriche-Hongrie. Cela se produit suite à l’invasion de la Belgique par les Allemands et par la mise en exécution du plan Schlieffen. La flotte de guerre britannique est la plus importante à l’aube du conflit et ses troupes terrestres peu nombreuses. L’Armée de Terre britannique compte 400 000 hommes armés formant la Première Armée (ils sont postés en garnison à travers l’Empire), le Territorial Force. La Deuxième Armée, la Kitchener’s Army, est formée par des volontaires de 1914 et 1915. La campagne de recrutement est basée sur le volontariat et Lord Kitchener, ministre de la Guerre devient une icône emblématique pour les Britanniques comme pour l’ensemble des Alliés (sa célèbre affiche sert de base à celle de l’oncle Sam). La Troisième Armée, elle, est formée à partir de 1916 jusqu’en 1918. Sa capacité est de 4 000 000 d’hommes, c’est-à-dire environ 70 divisions.

Affiche de recrutement de volontaires. On y voit Lord Kitchener, ministre de la guerre

D’autre part, la Royal Navy est la plus puissante de toutes les flottes. Elle se compose de 40 dreadnoughts (navires puissants d’un nouveau genre), 9 croiseurs, 34 croiseurs-cuirassés , 74 croiseurs légers, 167 destroyers et de 70 sous-marins.

 

L’armée britannique se base dans le Pas-de-Calais. A partir du 12 août 1914, la BEF (British Expeditionary Force) la Force expéditionnaire britannique a débarqué à Boulogne-sur-Mer. A la tête de cette petite armée de métier d’à peine 100 000 hommes se trouve le général French. Mais l’armée britannique n’est pas formée que d’Anglais. Les troupes présentes provenaient des colonies et du Commonwealth. La situation géographique de la Côte d’Opale par rapport à l’Angleterre explique naturellement que, dès août 1914, les principaux ports du littoral servent de lieu de débarquement et abritent les premières troupes britanniques prenant pied sur le sol français. Le 22 septembre 1914, un rapport du sous-préfet de Dunkerque signale d’ailleurs la présence dans la cité de Jean Bart du Premier Lord de l’Amirauté britannique, un certain Winston Churchill.

 

Le Grand Quartier Général (G.Q.G.) est basé à Saint-Omer (mais déplacé à Montreuil/Mer en 1916). Si la Côte d’Opale accueille les troupes britanniques dès 1914, et ce, durant tout le conflit, le départ des derniers tommies a lieu bien après l’armistice de novembre 1918. On estime, en effet, que le démantèlement des derniers camps britanniques du littoral s’est opéré au cours de l’année 1920.

 

La troisième caractéristique, de loin la plus importante, concerne le côté particulièrement massif de cette présence militaire. Ne comportant que relativement peu d’hommes en 1914, l’effectif britannique va croître de manière importante durant la guerre. Les nombreuses localités de la zone côtière abritant une, voire plusieurs structures militaires britanniques en sont les premiers témoins. Ainsi, entre 1914 et 1916, 1 700 000 tommies transitent par la gare de Boulogne-sur-mer. A une date malheureusement inconnue, un rapport français fait état, pour la ville de Boulogne-sur-Mer, de la présence 1 226 officiers et 70 000 soldats. Au cours de l’été 1918, la zone militaire anglaise de Calais rassemble quant à elle 2 024 officiers et 90 189 hommes de troupe. Dans ce domaine, on ne peut évidemment pas passer sous silence la situation du camp d’Etaples qui, avec ses 100 000 hommes recensés en 1917, est considéré comme la plus grande base militaire britannique du front Ouest.

 

Progressivement, la partie littorale de la région se couvre aussi de nombreuses zones de dépôts nécessaires au ravitaillement en vivres, armes et munitions. Par sa position géographique, la bande côtière de la région a donc constitué pour l’armée britannique une  véritable zone tampon entre l’Angleterre et la France permettant l’acheminement rapide des troupes et du ravitaillement vers les lieux de combat. La liaison entre les bases arrières britanniques et le front sera assurée par route et surtout par voie ferrée. Il convient ici de signaler le rôle des gares de St-Pol-sur-Ternoise et d’Hazebrouck qui, au cours du conflit, constitueront des nœuds ferroviaires essentiels chargés d’approvisionner, en hommes et armement, les secteurs de l’Artois et des Flandres.

 

Etaples est un port d’accueil aux britanniques majeur : c’était un carrefour ferroviaire exceptionnel. De là, on pouvait accéder aux batailles de la Somme et de l’Artois. Si l’on tient compte de la proximité de Boulogne-sur-Mer et de l’existence de vastes terrains libres, on comprend pourquoi les Anglais ont eu envie de s’installer sur ce lieu stratégique idéal. Les militaires ont étendu là la base militaire britannique la plus importante de France. Probablement plus d’un million d’hommes y passèrent, de mars 1915 à novembre 1918. Les lieux accueillaient en permanence 60 000 à 80 000 soldats.

 

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