La Grande Guerre n’était pas encore terminée que les contemporains avaient déjà perçu son caractère peu ordinaire.

En effet, les autorités ont souhaité, dès les premiers faits d’armes, décorer les hommes, soldats ou civils qui se sont distingués pour leur courage, leur sens du devoir et parfois leur héroïsme.

Cette volonté d’honorer et de remercier les hommes ayant servi leur patrie s’accentua à la fin du conflit et se transforma en un hommage national rendu, certes, aux survivants mais également aux nombreux morts.

Cette guerre va, en effet, marquer la naissance d’un “memory boom” dans les sociétés, selon l’historien Jay Winter. Cette vague de commémoration, rendue bientôt universelle, s’explique par le nombre considérable de morts et par le fait que 50% des corps ont totalement disparu.

Cette volonté de commémorer pour ne pas oublier, pour que cette guerre soit « la der des ders », a revêtu différentes formes.

Tout d’abord, des cérémonies ont été organisées et ont été un moyen de rassembler la population et de se recueillir. Mais bientôt, le besoin se fit sentir d’avoir un lieu où pouvoir honorer la mémoire des disparus. Ainsi, aux cimetières, nécropoles et ossuaires aménagés après le conflit, s’ajoutèrent les monuments aux morts, lieu quasiment sacré où les noms des morts furent gravés dans la pierre.

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