Ce projet a été proposé cette année aux élèves de première qui traitent, dans leur programme d’histoire, de la guerre au XXème siècle.

Il s’est agi surtout de s’intéresser d’une manière différente et plus approfondie à la Grande Guerre dont nous commémorons le centenaire.

Objectifs pédagogiques :

Il s’agit d’insister sur la brutalisation qui apparaît pendant la première Guerre Mondiale. En cela, ce conflit est d’un type nouveau car, pour la première fois, il s’agit d’une guerre totale. Toutes les forces de l’Etat sont ainsi mobilisées pour nuire, voire anéantir l’adversaire. Les progrès scientifiques et technologiques sont encouragés dans ce but précis et une intense propagande va permettre de diaboliser l’ennemi et donc de justifier des moyens utilisés pour s’en débarrasser.

Le projet a donc pour objectif de faire prendre conscience aux élèves de ce nouveau type de conflit qui apparaît pendant la première Guerre Mondiale, de ce déchaînement de violence que l’on va retrouver pendant la seconde Guerre Mondiale et qui va déboucher sur la volonté de mettre en place une paix durable avec la construction européenne.

Les motivations qui ont conduit à ce projet :

J’ai souhaité mettre en place ce projet pour faire comprendre aux élèves dans quel contexte historique s’est inscrit le premier conflit mondial. Nous nous sommes donc arrêtés sur les différentes étapes de notre Histoire qui nous ont conduits de la « guerre à la paix » avec notre voisin allemand, avec qui nous avons été trois fois en conflit en moins de 70 ans. Nous avons donc étudié la guerre franco-prussienne de 1870-1871 qui a développé chez les Républicains français un esprit de revanche et a contribué, en grande partie, au déclenchement de la première Guerre Mondiale.

Nous avons pris le temps, dans l’optique de la rencontre avec un groupe de lycéens allemands, de comprendre comment la Grande Guerre est perçue et étudiée aujourd’hui en Allemagne. Cela nous a conduits à nous intéresser ponctuellement à la seconde Guerre Mondiale qui est, pour les Allemands, l’aboutissement de la défaite et de la rancoeur accumulées dans le pays depuis le 11 novembre 1918 et l’humiliation du traité de Versailles le 28 juin 1919.

Nous avons ensuite abordé très rapidement la réconciliation franco-allemande et la construction européenne pour préparer notre rencontre franco-allemande.

Ce projet présentait, dans un premier temps, l’intérêt de mettre en place un travail commun avec notre établissement partenaire allemand de Menden. Ce travail de mémoire et d’histoire a donc été mené dès septembre dans nos deux établissements et a trouvé son plein aboutissement du 13 au 18 mars 2017 lors d’une semaine de rencontre entre nos deux groupes de lycéens qui ont suivi le même programme de visite. Je désirais, en effet, particulièrement monter ce projet avec notre établissement partenaire allemand car je tenais à travailler ce thème avec mes élèves de première en section européenne allemand.

Une autre volonté de ma part était d’approfondir l’étude de la première Guerre Mondiale en prenant l’exemple très concret de la ville d’Aire-sur-la-Lys où se trouve notre lycée. Cela nous a permis d’imbriquer la petite histoire de la ville dans celle de notre région, très marquée par la guerre mais aussi dans la grande Histoire et ainsi de mieux comprendre l’aspect mondial et total de ce conflit.

Nous avons donc cherché à retrouver dans la ville d’Aire les caractéristiques d’une ville de l’arrière, considérée par l’Echo de la Lys comme « sentinelle avancée du front d’Artois ». Nous avons donc pu étudier l’aspect mondial par la diversité des troupes qui vont circuler ou stationner dans la ville, l’aspect total en s’intéressant au quotidien des civils, aux nombreuses privations, réquisitions subies,…, à la place de la religion et à la façon dont la ville va alimenter le front en hommes et marchandises.

Un autre aspect intéressant était enfin de voir quelles traces le conflit avait laissées au sortir de la guerre. Nous avons alors évoqué le lourd tribut de la ville à la guerre et nous avons étudié ce que l’historien Jay Winter appelle le « memory boom », à savoir cette volonté de la population de commémorer qui s’explique par la mort de masse provoquée par le conflit. Notre analyse s’est donc portée sur les cérémonies officielles, les monuments et les cimetières qui se sont mis en place à cette époque pour répondre aux besoins des sociétés endeuillées.

Afin de traiter ces différents aspects du sujet, les lycéens ont, certes, consulté de nombreuses ressources d’ordre général mais ont également travaillé sur des pièces d’archives en étroite collaboration avec le fonds ancien de la bibliothèque d’Aire-sur-la-Lys.

L’exploitation des éléments recueillis au cours de l’année et du voyage :

A partir de ces travaux de recherche menés au cours de l’année et du voyage de mémoire, différents travaux ont été réalisés.

Dans un premier temps, un blog franco-allemand a été réalisé sur le programme et les visites du voyage de mémoire.

Dans un second temps, un recueil épistolaire a été rédigé par les élèves de section européenne en allemand, mettant en scène un soldat allemand mobilisé dans notre région.

Enfin, la troisième et dernière étape du projet est la réalisation de ce site qui rassemble toutes les recherches, toute la réflexion et toute la documentation collectée et organisée par les élèves au cours de cette année. J’ai tenu à mentionner leurs noms qui figurent sur notre page d’accueil.

Les étapes du projet :

Ce travail d’étude et de recherche a également été l’occasion d’intégrer un volet artistique et de partir à la découverte de sites emblématiques du conflit dans les environs du lycée.

– début du travail de recherche autour de la première Guerre Mondiale, dans le cadre d’un Accompagnement Personnalisé mis en place dès septembre à raison d’une heure par semaine pour des élèves de première

– déplacement à Péronne à l’Historial et circuit sur les champs de bataille de la Somme le 17 octobre 2016

– organisation d’un travail sur la première Guerre Mondiale autour du personnage de Jean Jaurès en atelier avec Pierrette Dupoyet, comédienne, qui nous a présenté également son spectacle le 8 novembre 2016

– semaine de rencontre au Centre Albert Schweitzer à Niederbronn-les-Bains, centre déjà très impliqué dans la transmission de l’histoire franco-allemande, tenu par le Volksbund deutsche Kriegsgräberfürsorge, du 13 au 18 mars 2017 où nous avons mené conjointement, avec notre établissement partenaire de Menden, un travail autour de la première Guerre Mondiale et de l’histoire franco-allemande de 1870 aux années 1950 qui s’est articulé autour de la réalisation d’ateliers franco-allemands et de différentes visites parmi lesquelles : une journée à Verdun et sur les champs de bataille, une visite du camp de concentration du Struthof, d’un fort de la ligne Maginot, du mémorial d’Alsace-Moselle de Schirmeck et, bien sûr, du parlement européen de Strasbourg. Pour plus de détail, consultez le blog du voyage.

Sophie LENIS,

Professeur d’histoire-géographie au lycée Vauban.

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